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De retour au Vénézuela.
Et tout de suite je baigne sans cette atmosphère incroyable, incompréhensive pour nos mentalités d’Européens. Le premier contact est le fonctionnaire de l’immigration. Il a un large sourire et l’envie de plaisanter. Ce qui ne s’est jamais vu, dans aucun pays du monde, à aucune époque. Partout les fonctionnaires souffrent de constipation chronique. Pas ici. Et pendant qu’il me fait part de son projet de venir en vacances à Mérida et qu’il s’enquiert des possibilités hôtellières, cinquante personnes attendent derrière moi, le sourire aux lèvres et font la conversation.
Je dois prendre un autobus pour me rendre à Mérida. Malheureusement, il n’y a aucune place disponible. Je me prépare à passer une nuit à l’hôtel. Partout ailleurs c’est ce qui se passerait. Pas ici. Voilà que la négrita derrière le comptoir prend les choses en mains. Elle alerte ses copines, va, vient, appelle Paul ou Pierre au téléphone. Cinq minutes plus tard je suis confortablement installé dans l'autobus.
Dans le bus (14 heures de voyage), je regarde un film sur un lecteur portable. Ma voisine, une parfaite inconnue, se cale commodément, la tête sur mon épaule, pour regarder et commenter le film avec moi.
Personne ne parle de crise, personne n’a peur de l’avenir, tout le monde jouit de chaque instant qui passe.
Et pendant ce temps, « papa » Chavez se frotte les mains. Il a remboursé la dette extérieure, il est sorti du système monétaire international, et il a retiré pratiquement tous les avoirs en dollars que le pays avait dans les banques américaines et les a convertis en or.
Et pendant ce même temps, les gouvernements occidentaux débloquent des fonds pour sauver les banquiers. Mais des fonds pour sauver les individus en détresse, il n’y en a pas. Sauf ici.
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