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Les élèves de cinquième ont aujourd’hui un niveau de CM2 il y a dix ans. N’allons pas plus loin, ne cherchons pas un parallèle avec ceux qui fréquentèrent l’école voici cinquante ans et plus, ce serait par trop déprimant.
Qui incrimine l’Etat, qui les ministres successifs, certains la télévision, d’autres l’Internet ou le renoncement des parents. Et curieusement les enseignants font des figures d’angelots innocents. Vous voyez qu’on nous prend pour des pommes, car c’est tout de même aux membres du corps enseignant que l’on confie les enfants 26 heures par semaines, et ce pendant plusieurs années. Il faudrait que les " magisters " acceptent enfin de prendre leur part de responsabilité. Même si les programmes sont parfois aberrants, établis par des technocrates incompétents, par des apprentis sorciers irresponsables, l’instituteur dans sa classe a les pleins pouvoir, il est (j’ose le supposer) capable d’évaluer le niveau de ses élèves et de savoir qui sait lire ou qui ne le sait pas.
Certains préconisent l’apprentissage de la lecture non plus dans les articles de journaux ou des textes publicitaires, mais en lisant les grands auteurs français. Ça parait logique. Bizarrement cette idée n’était venue à personne, n’avait traversé l’esprit d’aucun énarque. Ça m’a donné l’envie de rechercher mes cahiers d’écoliers (cinquante ans après). Et j’ai retrouvé ce cahier où je recopiais les fables de La Fontaine. Quel plaisir de relire ces petits bijoux de la langue française, mais quelle perplexité aussi. J’ai essayé de lire en me mettant à la place d’un enfant de dix ans aujourd’hui. A mon avis le pauvre gamin aurait l’impression de déchiffrer un grimoire extraterrestre.
Alors avant tout il faudrait peut-être faire un effort concernant le vocabulaire et les références culturelles sans lesquelles nombre de textes sont incompréhensibles.
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