Jan212011
04:24:26
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Le dèmocratie, un mot
Il est un mot dont se gargarisent les peuples et leurs dirigeants; c’est le mot démocratie. En Europe nous avons à peu près assimilé son sens, mais ici, au Vénézuela, quoique on l’emploie beaucoup, personne n’a encore bien compris comment ça fonctionne. En fait on est en démocratie quand son camp est au pouvoir ; sinon on est en dictature. Et les élections ont beau se succéder, l’opposition refuse d’en tenir compte. 60 à 70 pour cent de la population expose clairement son choix mais ça ne compte pas.Je regardais dernièrement à la télévision quelques uns de ces opposants, fascistes bornés, catholiques fanatiques ou capitalistes désespérés et j’ai vu la bête qui sortait de l’être humain. Leur voix montait d’un ton, hystérique, et la haine se lisait sur leurs faces déformées. J’ai vu tout à coup une laideur repoussante. J’ai eu la vision de ces gens qui voici dix ans encore avait le pouvoir, et ce depuis des décennies, et le maintenait par la torture et l’assassinat. Ce sont les mêmes qui avaient suivi les colonels en Argentine ou Pinochet au Chili. Et j’ai eu un frisson à l’idée qu’ils pourraient revenir.Tenez, je vous présente un des députés de la droite extrême à l’assemblée nationale.Il est chef de la police de l’Etat de Zulia, le plus corrompu de tous les Etats qui forment le Vénézuela. Ce fonctionnaire lié au trafic de drogue, aux enlèvements et aux assassinats de paysans par des paramilitaires a instauré à Maracaibo une vignette automobile anti-vol. C'est-à-dire qu’on lui achète cette vignette et les bandes organisées qui lui obéissent laissent votre voiture tranquille. Le type vient d’être condamné pour assassinat. La chose a été prouvée de façon irréfutable. Alors ses supérieurs, infâmes crapules comme lui, l’ont fait élire député en espérant qu’il bénéficierait de l’immunité parlementaire. Le faire élire n’était pas difficile dans cet état où la corruption règne, mais le reste semble-t-il pose problème. Ça ne s’est pas passé comme ils l’espéraient. Alors le gars est en prison et n’occupe pas son siège à l’assemblée ; ce qui pour l’opposition est une atteinte à la fameuse démocratie. Des personnages comme ça je pourrais vous en présenter des dizaines. Un gouverneur petit instituteur sans le sou voici dix ans et qui est devenu l’un des hommes les plus riches du Vénézuela. Quand la justice a voulu lui demander d’où lui était venu cette fortune, il a préféré s’enfuir en hurlant qu’il était un persécuté politique.Je pourrais aussi vous parler de l’ignoble évêque de Mérida qui a refusé d’ouvrir ses églises pour accueillir quelques uns des cent cinquante mille sans abris suite aux désastres occasionnés par des pluies diluviennes, arguant que ce n’était pas le rôle de l’église mais de l’état de s’occuper des nécessiteux.Oui, je pourrais en parler, mais je ne le ferai pas. Du moins pas aujourd’hui.
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