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Nov162009

18:12:56
Journal de voyage au Texas - 2

Quatrième jour

Une très vieille dame est morte. Elle était arrivée aux USA, venant d’Afrique, voici quatre vingt ans. Elle eut ici une nombreuse famille, enfants, petits enfants, arrière petits enfants. Aujourd’hui la communauté noire de Houston lui rend hommage. C’est une veillée funèbre retentissante de négro spirituals, de rires, de plaisanteries, de danses. Chacun des proches, tour à tour, vient au micro et raconte une anecdote, une facétie, concernant la défunte. Et tout le monde s’esclaffe. Yé men !

Je suis invité à cette veillée. Il y a là environ 300 personnes. Tout à coup je me rends compte que je suis le seul blanc – car je ne peux compter comme blanches les deux vénézueliennes qui m’accompagnent et dont la couleur chocolat héritée d’un ancêtre africain, est tout à fait dans le ton.

Aussitôt que je me présente comme Français un grand courrant de sympathie gagne les interlocuteurs. La France c’est le pays de la culture, du bien vivre, du bien manger, et c’est Paris. Ah ! Paris ! Mais dès que je prononce le mot Vénézuela, c’est comme une incantation magique. Le mot roule dans la salle, Vénézuela ! Vénézuela ! Je suis entouré, on me serre les mains, on m’embrasse, c’est du délire. Hé toi là bas ! Approche ! Il y a ici un homme qui vit au Vénézuela !

Le Vénézuela ! Hugo Chavez ! We love Chavez ! Speak us about Chavez ! Viva Chavez!

Puis on me pousse vers le piano. J’accompagne les choeurs sublimes.

 

Cinquième jour

Aujourd’hui c’est l’enterrement proprement dit. Service religieux avec solistes et chœurs. Je fais partie de la famille désormais. Le contact chaleureux me rappelle le Vénézuela. C’est la même manière de se toucher, de se prendre dans les bras, de s’embrasser, de se dire qu’on s’aime, sans fausse honte, sans pudeur hypocrite.

Nous allons au cimetière dans de longues et luxueuses limousines. Puis toujours joyeux, toujours chantants, nous passons à table. Ce ne sont plus trois cents personnes qui sont là, mais bien cinq cents, avec des ribambelles d’enfants en costume du dimanche. Tout le monde est d’ailleurs très élégant. Les femmes sont superbes. Et… je suis toujours l’unique blanc de l’assistance.

La nuit est presque tombée quand nous nous séparons.




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